TMS en entreprise : les conseils de nos ostéopathes

TMS en entreprise : les conseils de nos ostéopathes

Entretien avec Jimmy Réglain et Thibault Manighetti, ostéopathes et intervenants pour Les Ateliers DurablesPropos recueillis par Benjamin Combes.

 

Bonjour Jimmy, bonjour Thibault, vous êtes ostéopathes formés en posturologie et intervenez depuis 3 ans pour les Ateliers Durables pour conseiller les collaborateurs sur les troubles musculo-squelettiques (TMS). 

En quoi consistent vos interventions ? 

 

JR : Nous recevons généralement chaque collaborateur sur un créneau de 20 minutes et, selon ses besoins, nous travaillons et corrigeons sa posture à son poste de travail, nous pouvons réaliser un bilan postural ou effectuer des manipulations pour traiter ses douleurs. Chaque prise en charge est entièrement personnalisée. Pour les petits groupes, nous mettons aussi en place des ateliers ludiques et pratiques autour de ces thèmes.

TM : Les entreprises peuvent aussi nous faire intervenir de manière plus régulière afin de mettre en place un véritable suivi de leurs collaborateurs dans le but de réduire sur la durée les arrêts de travail dus aux TMS. Nous avons également mis en place depuis peu une formule novatrice et unique en France afin d’optimiser les formations gestes et postures effectuées dans les entreprises.

 

Quelles sont les principales problématiques que vous rencontrez chez les salariés ?

 

JR : Les plaintes sont variées et sont différentes selon l’activité des entreprises. Le personnel travaillant sur écran toute la semaine souffre généralement des cervicales, du haut du dos et des épaules. A l’inverse, dans les entreprises où la manutention est plus importante, les lombalgies (douleurs lombaires) et les tendinopathies de la coiffe des rotateurs (épaules) sont les cas les plus fréquents.

TM : Le problème peut également venir du matériel. Parfois le poste de travail n’est tout simplement pas adapté au collaborateur comme un bureau trop bas, une chaise non réglable, un écran mal réglé ou mal orienté par rapport à la provenance de la lumière…
Beaucoup d’éléments sont à prendre en compte. Si nous voulons avoir des résultats, une approche globale est impérative.

 

Quels sont les principaux conseils que vous donnez lors des ateliers ?

 

JR : Il est difficile de répondre à cette question tant les conseils sont spécifiques d’un collaborateur à l’autre. Ils peuvent porter sur l’ergonomie du poste de travail, sur la posture de manière générale, sur le matériel et la façon de l’utiliser, sur des exercices d’étirement ou de renforcement, sur les bons réflexes à avoir face à une pathologie débutante ou chronique, sur la manière de vivre ou de se débarrasser d’un TMS, de l’orientation vers un spécialiste (podologue, orthoptiste, médecin spécialiste…), ou bien même de comment trouver un bon ostéopathe.
Notre objectif est de donner les clés au collaborateur pour qu’il soit le premier acteur de son bien être au travail et surtout de sa bonne santé à court et long terme.

TM : Je vous donne un exemple parlant. Un porteur de verres progressifs voit de près avec le bas de ses verres donc il est important de descendre son écran d’ordinateur par rapport à la norme de ses collègues, pour éviter que son cou ne soit toute la journée en hyperextension sans qu’il ne s’en rende compte. C’est le type de conseils que nous partageons avec les personnes qui gèrent ces sujets en entreprise.

 

Sur quels leviers pensez-vous que les entreprises peuvent agir ?

 

JR : Aujourd’hui ces leviers sont multiples et tout dépend de l’entreprise, de ses moyens et de ses objectifs. Les campagnes de prévention et les formations gestes et postures sont couramment utilisés mais les études montrent en réalité peu d’impact sur les arrêts de travail. Les employés y pensent une fois la douleur apparue malheureusement !

L’apport d’un ergonome est fréquent mais les modifications demandées (matériel ergonomique ou changement de machines) sont parfois très coûteuses. A une autre échelle, la construction d’une salle de sport dans l’entreprise apporte un plus mais pas forcément à la hauteur de l’investissement effectué.
Ce qu’il manque avant tout c’est une prise en charge et un suivi personnalisé des collaborateurs car il ne faut pas oublier que chaque personne a ses propres besoins et problématiques. C’est un ensemble qu’il faut mettre en place. Il faut sensibiliser, éduquer et suivre de manière individuelle les employés, et c’est ce que nous effectuons avec notre méthode.

 

Quel coût cela représente-t-il pour une entreprise ?

 

TM : Les coûts sont variables selon le choix de l’entreprise. Il faut surtout noter que les TMS représentent plus de 80% des arrêts de travail en France et que le coût direct et indirect de l’absentéisme dans les entreprises représente l’équivalent de 11 à 14% de la masse salariale. Quand on sait cela et que des études commencent à démontrer que par une prise en charge préventive et curative des TMS, l‘ostéopathie permet de réduire sensiblement l’absentéisme en entreprise, de 20% à 80% selon le domaine, il ne faut plus se poser de question.
Sur cette base de calcul, nous pouvons donc faire économiser en moyenne à une entreprise environ 2,2% de sa masse salariale annuelle. Et il ne faut pas oublier que la généralisation des complémentaires santé pour 2016 est un facteur important à prendre en compte. En effet, les mutuelles des entreprises peuvent prendre en charge en totalité ou en partie nos interventions.

 

Un mot de conclusion ?

 

JR : Pour résumer, notre objectif est de mettre en place une prise en charge globale des collaborateurs afin de lutter le plus efficacement possible contre les TMS. Cela passe par des consultations régulières mais aussi par la prise de conscience et l’éducation du patient. Le suivi préventif des collaborateurs, les ateliers et les conférences incarnent cette globalité.

TM : Notre volonté à moyen terme est de publier nos résultats en terme de diminution d’arrêts de travail et que cela débouche sur des subventions dans les années à venir. Nous espérons qu’un jour les ostéopathes puissent être salariés ou travailler au sein des services de santé au travail car nous y avons notre place. Nous avons beaucoup d’idées en tête que nous avons hâte de mettre en application.

 

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